Soixante huit
C’était le temps où les moins de 20 ans osaient espérer, un temps où le chômage était rare et le travail très dur, le temps de la reconnaissance du droit syndical à l’entreprise et le temps de la remise à jour des 40 heures de travail par semaine, c’était le temps des revendications, le refus de l’inégalité pour l’accessibilité aux études, le refus d’idolâtrer un nouveau concept (le pouvoir de l’argent) c’était un temps où les femmes enfin se dévoilèrent ; en effet..
Aucun avenir n’était préparé pour la majorité de ces femmes Aucun recours juridique n’était prévu concernant la maltraitance au domicile, au travail et dans la rue Aucun droit n’était accordé dans le choix d’un métier, des études (pour la plupart de ces femmes), de disposer de leur corps comme elles l’entendent et de pouvoir enfanter quand elles le désirent.
C’était le temps de la naissance d’énormes cubes de béton appelés H.L.M. ou cages à lapin, des premiers supermarchés, de la télévision. C’était le temps d’une abondance de livres qui m’épaulait, d’un tourbillon de musique qui me réconfortait, c’était un temps où j’aimais croire en l’avenir et ce temps-là, j’ai osé, j’ai pris le risque de le vivre.
Joëlle Richard –collectif féminisme/droits des femmes PCF Indre-et-Loire-



